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billets d
Comme une vague apaisante
Fils de douceur s'enroulant
En pelote chantante,
Comme le chant du ruisseau
Au printemps court dans la plaine
Au bord d'un champs, près d'un chêne.
Comme la douce fraîcheur
D'un petit matin d'été
Au soleil juste levé,
Comme une brise
Vient vous cueillir,
Comme un café et un chocolat noir
D'un après-midi trop long, trêve noire,
Comme sur un lit fatigué
Juste un instant se sentir flotter,
Comme le léger frisson
Suit la caresse légère,
Comme les nouvelles semences
Couvrant les vieux champs de bataille,
Comme une poignée d'eau fraîche
Offerte à un visage encore endormi,
Comme lorsque dans un silence
Sur toi je pose mon regard,
Comme l'écho de nos rires
Au sommet neige et d'azur,
Comme lorsque dans un souffle
Un murmure je dis ton prénom.
Pascal Usseglio
10 septembre 2005
Le stylo glissait sur la page blanche comme sur du velours. L'encre s'échappait, vertiges de soi, miroirs oubliés, mémoire qui laissait éclater la vie au bout des doigts. Hannah retrouvait la jouissance. Sous les mots, la caresse, le plaisir, la Vie. Et même quand elle y croisait la mort, elle était sublimée, graciée par le temps du souvenir.
Le stylo glissait sur la page blanche et toutes ses frustrations prenaient leur envol. Elles devenaient liberté, espoir, espace lisse ou tendue: subtil, intime,soyeux.
Hanah riait, heureuse, dans cette utopie qui ne concernait qu'elle même.
Elle, si fragile, si dépendante, abrasée d'ennui, assoiffée de mélancolie devenait force vive, multitude, espérances croisées. Dans cet espace qui lui appartenait elle entendait enfin la musique de son coeur.
Et le stylo glissait encore sur la page sans fin, à l'envers du monde, à l'endroit du réel.C'était un lieu inconnu des autres, où bruissaient les mystères de son âme, qui lui donnaient cette écriture lascive et sensuelle.
Et elle devenait ce qu'elle avait toujours voulu être: une séductrice.Une artiste, une femme.
Rien de plus sale que l'amour-propre.
[ Marguerite Yourcenar ]